"PIERRE DE SOLEIL"
Présentation par Michel ROUDNITSKA |
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| Le spectacle que vous allez voir et ... sentir est un spectacle
total.
On peut aussi le qualifier de " multisensoriel
" ou " plurisensoriel " car il s'adresse à tous les sens et en
particulier à l'odorat.
Ce n'est pas encore une chose courante pour le
public : à part quelques tentatives d'odoriser des pièces de théatre comme " De
l'autre coté d'Alice " (Dominique Borg), quelques films comme le fameux " Polyester
", en encore le spectacle en plein air " Péplum " de la compagnie
" Royal de luxe ", cela reste encore un art embryonnaire et
expérimental.
Les raisons du retard et des échecs de ce mode
d'expression olfactif sont multiples :
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difficultés techniques de la diffusion et de l'élimination des odeurs, - appel au compositeur de parfum seulement à la fin du spectacle en ignorant bien souvent les contraintes liées à ce média, - le fait que nous sommes pratiquement tous des analphabètes de l'odorat, sous-développé à cause de la suprématie des sens visuels et auditifs, - également des raisons économiques, car la rentabilité de ce support pour les grandes multinationales du parfum est tout à fait marginale, Pourquoi me suis-je donc obstiné à vouloir relever ce défi du spectacle olfactif ? A vant tout parce que je suis passionné depuis plus de 30 ans par l'image et le parfum, il était donc logique que je cherche à les associer dans une expression commune. Le fait d'être un parfumeur indépendant et de pouvoir coordonner moi-même la mise en scène visuelle, sonore et olfactive, me semblait être aussi la condition indispensable pour réussir une symbiose si délicate. L'autre facteur déclenchant a été ma rencontre avec les poèmes d'Octavio Paz, il y a 20 ans, et notamment un des plus puissants : " Pierre de Soleil ". Touché au plus profond de moi-même par la force intérieure et la richesse des évocations visuelles et olfactives, je rêvais de les retraduire en images, en sons, en odeurs dans un spectacle total où cette poésie pourrait nous faire vibrer encore plus profondément. Après quelques tentatives incomplètes sous forme de diaporama, ce n'est que l'année dernière que les nouvelles technologies multimédia m'ont enfin permis de réaliser mon vieux rêve. En effet de simples photos en fondu-enchainé ne suffisaient pas pour retraduire la richesse des métaphores et leur mouvance permanente. Il ne fallait pas non plus le mouvement linéaire et narratif du cinéma, mais au contraire un mouvement poétique de métamorphose venant de l'intérieur même du sujet, que seules les possibilités nouvelles de l'image numérique pouvaient m'apporter. Gràce à mon ordinateur j'ai ainsi pu réaliser, la plupart du temps la nuit, des animations d'images réelles scannées et transformées, aussi bien que des images de synthèse, me permettant de retranscrire les visions subjectives que faisaient naître en moi les vers d'Octavio Paz. Sur les 20 pages (soit 584 vers = année vénusienne) que comptent " Pierre de Soleil " je n'ai sélectionné que les passages les plus expressifs en terme d'images et d'ambiances olfactives, tout en respectant bien sûr le trame essentielle du poème. La grande difficulté a été de combiner 3 logiques temporelles différentes : - celle des mots et des sons qui est quasi-instantanée,- celle des images qui demandent plusieurs secondes de décryptage, - enfin celles qui odeurs qui ont un temps de latence de plusieurs minutes. Il fallait également trouver le juste milieu entre l'écueil d'une illustration trop littérale du texte et une nécessaire cohérence entre tous les sens impliqués, sans laquelle il n'y aurait que confusion et saturation sensorielle. ( d'ou l'importance pour le concepteur olfactif d'intervenir dès le début du processus) Pour assurer cette cohérence il était essentiel que je puisse effectuer des aller-et- retours constants entre le choix des textes retenus, l'élaboration des ambiances olfactives pour qu'elles s'enchaînent harmonieusement, la lente construction des animations vidéo en synchronisation avec les séquences musicales et enfin la conception chorégraphique qui doit s'intégrer totalement dans l'image. J'ai réalisé ce travail seul avec mon ordinateur en 3 mois ( la nuit et les week-end) avec des centaines d'heures de calcul machine. Ce n'est qu'une fois la bande vidéo achevée que j'ai pu vérifier et réellement mettre en place la chorégraphie avec l'aide de Patricia Olive et Yann Lheureux qui l'ont interprété lors de la première représentation au cours du Colloque " Le Désir, la Passion, l'Amour " à Paris en 1998. La cassette vidéo de présentation de ce spectacle est disponible sur commande à mroudnitska@compuserve.com (150 F.) |
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